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Millésime 2015
Précocité et vendanges sous la chaleur
 
Après un début d’hiver relativement doux (décembre et janvier), février se révèle plus froid que la normale, hormis en Saône-et-Loire. Si le département de l’Yonne joue les prolongations en mars, ce n’est pas le cas des deux autres départements où une certaine douceur s’est déjà installée.
La brusque remontée des températures tout début avril provoque le redémarrage du cycle végétatif de la vigne.

Les premières pointes vertes sont observées dès le 8 avril et le maintien de températures supérieures aux normales favorise un débourrement rapide, plaçant 2015 au même niveau que 2009.

Le mois de mai est chaud durant la première quinzaine mais connaît ensuite un net rafraîchissement, de courte durée. En effet, les températures remontent rapidement en fin de mois permettant à la floraison de s’enclencher. Grâce au maintien d’un temps quasiment estival dans les premiers jours de juin, la floraison se déroule sur quelques jours seulement.

2015 se retrouve ainsi dans le top 3 des années précoces, au niveau de 2009.

Au niveau des conditions météorologiques de 2015, les précipitations sont « aux abonnés absents » ! Malgré un début d’année plus humide (janvier), les autres mois présentent majoritairement des déficits pluviométriques croissants (hormis le mois d’avril dans l’Yonne avec des cumuls importants).

Cette carence en précipitations permet de maintenir un bon état sanitaire au vignoble. Cela est d’autant plus important que le risque oïdium prévu en début de campagne est élevé à très élevé, laissant craindre une situation catastrophique.

Le temps sec et chaud se maintient en juin et s’accentue en juillet, n’autorisant pas le développement de la maladie à ce moment-là. Quelques situations historiques se dégradent courant mai ou début juin, mais, dans l’ensemble, l’état sanitaire du vignoble est exceptionnellement bon et les ravageurs sont peu présents.

Cependant, la quasi-absence de précipitations couplée aux
fortes températures commence à entraîner des stress. Si les premières baies vérées sont observées vers la mi-juillet, la pénurie d’eau et les fortes chaleurs bloquent l’évolution de la véraison. Celle-ci ne débute véritablement qu’à partir des premiers jours d’août grâce à quelques précipitations de faible importance mais « salvatrices ». Les températures restent encore supérieures aux normales pendant les deux premières décades du mois. La maturation des raisins évolue alors dans de bonnes conditions. Un léger rafraîchissement survient au cours des 10 derniers jours mais ne perturbe en rien son évolution. Les premières vendanges des parcelles destinées à l’élaboration de Crémant commencent vers la fin août.

Seule ombre au tableau : un violent orage de grêle s’abat sur l’Yonne dans la nuit du 31 août au 1er septembre, accompagné de forts cumuls de précipitations. Les communes d’Irancy, Préhy, Courgis et une partie de Chablis, notamment, sont touchées avec des dégâts parfois conséquents. Ils imposent une récolte précoce des parcelles, qui se déroule,
néanmoins, dans de bonnes conditions grâce au retour d’un temps clément.

Les vendanges des vins tranquilles débutent dans les premiers jours de septembre et s’étalent sur une quinzaine de jours.

2015 est qualifiée d’année chaude, bien ensoleillée et peu arrosée. Tous ces éléments réunis ont permis d’atteindre une grande maturité des raisins et une grande qualité de la récolte, parfois au détriment de la quantité.

 
Millésime 2014
Une belle surprise qualitative

 
Après     une     période     hivernale     particulièrement     douce, le printemps ne dénote pas : les températures restent
supérieures aux normales et le cycle végétatif reprend son
activité dès la fin du mois de mars dans les secteurs les plus précoces. Le maintien d’un temps chaud et ensoleillé en avril conduit à un débourrement précoce, similaire à quelques jours près à 2011. Mais, les températures minimales sont parfois négatives en fin de nuit, notamment dans les nuits du 17 et 20 avril ainsi que les 4 et 5 mai dans l’Yonne et provoquent quelques dégâts de gel sur les jeunes pousses, sur les bas de parcelles en situation sensible.

Les conditions météorologiques se maintiennent en mai et
juin et les toutes premières fleurs sont observées à partir du 22 mai dans les secteurs ou parcelles précoces. La floraison ne s’enclenche véritablement que la semaine suivante. Le week-end estival de la Pentecôte permet à la majorité des secteurs et des cépages d’atteindre ou de dépasser le stade mi-floraison. 2014 se place alors, à quelques jours près, au même niveau de précocité que 1997.
Le corollaire de ces températures supérieures aux normales est le déficit en précipitations. En effet, sur les mois de mars à juin, celui-ci atteint ou dépasse les 50 % en fonction des départements, laissant craindre des situations de stress hydrique précoce. Par contre, ce temps chaud sec limite le développement des maladies et ravageurs de la vigne et la situation sanitaire est particulièrement saine.
La situation se dégrade par la suite. En effet, un violent orage de grêle traverse les départements de Saône-et-Loire et de Côte-d’Or le 28 juin, en fin d’après-midi, occasionnant de nombreux dégâts sur une surface importante du vignoble.

Un autre orage, également accompagné de grêle, touche
de nouveau la Saône-et-Loire le 4 juillet, avec des dégâts
variables selon les secteurs mais parfois importants.
Le temps semble alors s’être déréglé et les précipitations
se succèdent jour après jour avec une baisse sensible des
températures. Il faut attendre la semaine du 15 juillet pour retrouver des conditions estivales, chaudes et sèches. Cette rapide remontée des températures provoque des phénomènes d’échaudage dans les trois départements, avec des intensités variables parfois conséquentes.

Cette embellie est de courte durée et les températures
repassent rapidement en dessous des normales, accompagnées de précipitations quasi journalières jusqu’à la mi-août. Si les premières baies vérées sont observées dans la deuxième décade de juillet, l’effet conjugué des températures fraîches et du manque d’ensoleillement ne
permet pas à la véraison de progresser rapidement. Le maintien d’une humidité quasi permanente, en raison des fréquentes précipitations, favorise le développement de foyers de pourriture grise, mais leur extension est limitée par les températures.
Malgré ces conditions, la maturation évolue de façon
progressive et régulière. L’absence de forte chaleur estivale ne permet pas la dégradation des acides organiques et les valeurs d’acidité ainsi que les teneurs en acide malique sont élevées, mais elles diminuent régulièrement.

Début septembre, le retour de conditions anticycloniques,
avec présence de vent, permet d’assainir la situation en provoquant l’assèchement des foyers et permet l’achèvement de la véraison. La maturation se poursuit alors dans de bonnes conditions, malgré quelques passages pluvieux.

Les concentrations en sucres sont parfois importantes et les  valeurs d’acidité affichent de belles diminutions.
Le fait marquant est le développement de la pourriture acide, avec des intensités et des fréquences très variables mais parfois conséquentes. La drosophile asiatique est identifiée dans le vignoble mais sa contribution à cette situation reste à confirmer. Des phénomènes similaires se sont produits sur les millésimes 2007 et 2011, présentant des caractéristiques météorologiques assez proches de celles de cette année à savoir un été frais et pluvieux…suivi (2011 et 2014) ou non (2007) d’un beau mois de septembre…

Les vendanges de parcelles destinées à l’élaboration de Crémant de Bourgogne débutent durant les premiers jours de septembre, bientôt suivies par les premières parcelles de vins tranquilles, à partir du 10.

Vers la mi-septembre, en raison de la précocité du millésime, certaines parcelles arrivent au terme de leur cycle et des phénomènes de concentration commencent à apparaître, plus particulièrement sur    Pinot Noir. 
   
Elles sont donc récoltées. A la faveur du beau temps qui se maintient, les vendanges s’étalent sur plusieurs semaines, pour s’achever dans les premiers jours d’octobre pour les secteurs les plus tardifs.

La récolte 2014 est plus généreuse que les deux précédentes, sans toutefois être pléthorique. Elle présente d’importantes hétérogénéités en termes de charges selon les secteurs. Un tri sévère est pratiqué à la récolte ou en cuverie afin d’éliminer les dégâts dus à la grêle, les foyers de Botrytis et la pourriture acide afin de conserver ainsi tout le potentiel qualitatif des raisins.

Au    final,  le    millésime    2014, avec sa météorologie particulière, se révèle être une belle surprise, que ne laissaient pas envisager les conditions de l’été…
 
 
 



 
 
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